Potager : les bons gestes du jardinier en hiver
Les récoltes s’étalant du printemps à l’automne dépendent du travail accompli entre février et mai. Attention, le sol est fragilisé par l’hiver : de mauvaises pratiques risquent de le rendre incultivable pour toute l’année ! Suivez nos conseils.
L’exposition, les caractéristiques du sol et de l’eau sont les trois critères de choix essentiels qui déterminent l’emplacement des cultures. Tout en cherchant à profiter au maximum des atouts naturels qu’offre votre potager, n’oubliez pas l’historique de votre parcelle, ses atouts et ses éventuelles contraintes ou défauts : murs, pentes, etc... Règle de base dans un potager cultivé de manière naturelle, les rotations sont indispensables. Vous devrez retenir deux facteurs : le type de légumes précédemment cultivés (fruits, feuilles, racines ou fleurs) et, pour des raisons prophylactiques, sa famille (Alliacées, Astéracées, Brassicacées, Cucurbitacées, Fabacées ou Solanacées).
Un arrosage étudié
Si on manque encore de recul et d’expérimentation à grande échelle quant aux associations de légumes au potager, une constatation s’impose : il faut les diversifier et ne pas hésiter à mélanger sur un même rang des espèces différentes, cela accroît les chances de réussite. Dans ce type de rangs, les couleurs et les odeurs se mêlent, perturbant ou repoussant incontestablement les ravageurs. Le système d’arrosage devra également être bien pensé et tiendra compte de deux éléments : la quantité d’eau à apporter en fonction des cultures pratiquées et le mode d’apport choisi. Si vous retenez le goutte-à-goutte, plus avantageux car permettant d’arroser le soir ou la nuit, sachez que certaines cultures comme celles des laitues, des choux, des navets ou des radis longs apprécient l’aspersion.
Votre calendrier des travaux
Février : planter les Alliacées. Commencer à reprendre le terrain : décompactage et amendement. Semer les primeurs sous abri.
Mars : continuer la reprise du terrain. Entamer les séries de primeurs : radis, laitues, petits pois, carottes, choux, etc.
Avril : achever la reprise du terrain. Planter les pommes de terre. Semer les racines, à cycle long, comme les panais, le persil tubéreux, les salsifis et scorsonères. De manière générale, soyez un peu patient : le sol est encore froid en avril.
Mai : commencez à réellement occuper le terrain en plantant des légumes-fruits, en semant des haricots, des courges, des chicorées, des choux…
Les feuilles mortes valent de l’or : comment les recycler ?
Ne jetez plus vos feuilles mortes ! Ramassez-les et utilisez-les de multiples façons. Voici trois exemples à mettre en pratique.
En automne, les feuilles mortes doivent être ramassées régulièrement. Ne les portez pas à la déchetterie, recyclez-les au jardin, vous bénéficierez de leurs bienfaits et limiterez le transport. En se décomposant, elles apportent des matières organiques qui nourrissent le sol, puis les végétaux. Elles abritent aussi une microfaune qui va contribuer à leur transformation ou participer à l’équilibre naturel du jardin. Toutes les feuilles conviennent, à condition qu’elles ne portent pas de traces de maladies. Par précaution, refusez systématiquement celles des rosiers et des arbres fruitiers. Le surplus trouve sa place au compost, mélangé aux autres déchets.
Couvrir le sol du potager
Un terrain nu en hiver se tasse sous l’effet des pluies répétées et devient moins favorable à la culture des légumes. Une partie des éléments nutritifs est lessivée en profondeur.
Les avantages : une épaisseur de 10 à 20 cm de feuilles empêche le tassement et enrichit la couche superficielle en se décomposant. Les vers de terre vont accélérer le processus de décomposition tout en ameublissant le sol.
Notre conseil : étalez les feuilles sur les parcelles libres et entre les rangs des légumes. Vous protégerez le sol du gel et pourrez continuer les récoltes. Placez un peu de terre par-dessus pour que les feuilles ne s’envolent pas. Vous enfouirez ce qui reste lors du travail du terrain au printemps.
Pailler les massifs et les haies
Grâce aux feuilles, le tassement du sol est limité et vous favorisez la vie microbienne. Cet apport naturel de matières organiques est riche en azote.
Les avantages : les feuilles maintiennent le sol frais, elles limitent les écarts de températures entre le jour et la nuit en hiver. Elles réduisent enfin la pousse des mauvaises herbes.
Notre conseil : retirez les adventices, griffez le sol et arrosez si besoin avant d’étaler les feuilles sur 12 cm env. d’épaisseur. Griffez au printemps pour les enfouir superficiellement.
Protéger du froid
Paillage et couverture de la terre du potager en hiver
A la paille, au foin ou à l’aide de feuilles mortes, Hubert Fontaine vous explique pourquoi le paillage est indispensable en hiver.
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Le paillage va servir :
A protéger vos légumes pendant l’hiver : l’artichaut, le cardon ou les radis noirs.
A multiplier la prolifération des lombrics et ainsi draîner la terre et enrichir le sol à moindre coût : les vers permettent à l’eau de mieux s’infiltrer.
A la paille ou au foin, il limite l’érosion et maintient les élements nutritifs comme l’azote issu des engrais utilisés l’année précédente.
Il empêche à la terre de geler.
Avant de pailler :
Retirer toutes les mauvaises herbes.
Déposer du compost sur 1 cm.
Ajouter par dessus des feuilles sur 20 cm d’épaisseur.
Disposer un filet ou d’une bâche micro perforée pour éviter qu’elles ne s’envolent.
Attention, les paillis de feuilles attirent également les campagnols mais elles les réunissent à un lieu précis ce qui permet de mieux les piéger.
